Les aînés sont tous Charlie !

Photo de g. à d. Georges CATTIN 93 ans, Simone CATTIN 88 ans, Françoise ODIER 98 ans, Odette GALLET 88 ans, Marie-Louis CERINO 86 ans, Lucette MAUGER 87 ans et Madeleine FOURNIER 93 ans

Photo de g. à d. Georges CATTIN 93 ans, Simone CATTIN 88 ans, Françoise ODIER 98 ans, Odette GALLET 88 ans, Marie-Louis CERINO 86 ans, Lucette MAUGER 87 ans et Madeleine FOURNIER 93 ans

Les résidents de la MARPA de Saint-Jean-le-Vieux ont suivi avec attention les événements de la semaine dernière.  A cette occasion, des résidents témoignent à l’occasion d’une table ronde organisée par Le Journal du Bugey.

L’attentat à Charlie Hebdo et à l’Hyper Cascher

Tous sont encore bouleversés que ces événements tragiques aient pu avoir lieu en France. Une résidente, encore sous le choc, témoigne « On est dans un pays de liberté, on ne peut pas mourir pour des dessins ou des croyances. Ils ont été tiré comme des lapins, c’est horrible, c’est honteux. Je n’en ai pas dormi.» Pour les aînés, ces événements paraissent tout bonnement inimaginables.

Les raisons du drame

A l’unanimité, les aînés ont pointé du doigt la situation économique depuis plusieurs années. « A notre époque, nous avions du travail immédiatement. On trouvait un patron si tôt en avoir quitté un. Aujourd’hui, avec le chômage, des jeunes tournent en rond et se font endoctrinés. Ils se mettent à croire à toutes ces idées de haine et à cogiter des questions religieuses. Quand nous étions jeunes, nous n’avions pas le temps de penser à tout ça. » La perte de la valeur humaine est également soulignée : « Pour les patrons, pour l’administration, vous n’êtes qu’un chiffre. Il faut toujours rapporter plus, faire gagner plus », ce qui tue le vivre ensemble.

Les risques depuis les attentats

A Saint-Jean au sein de la Maison d’accueil rurale pour personnes âgées, les résidents sont au calme. Ils se sentent épargnés des attentats mais ont peur pour les autres, leurs enfants, petits-enfants et arrière-petits-enfants. Toutefois, un résident nous confie qu’il pense « au barrage de Vouglans ou à la Centrale Nucléaire du Bugey comme cible des terroristes ». Une résidente souligne le fait que « nous sommes dans une guerre sourde, il n’y a pas d’ennemis désignés ». Ils font alors le parallèle avec l’Occupation, période qu’ils ont tous traverser il y 70 ans.

La suite des événements

L’avis des résidents est plus partagé. Même si tous espèrent que ces horreurs s’arrêteront là, quelques aînés ont peur de la vengeance. « On leur a tué 4 terroriste et ils vengeront leurs morts, même dans longtemps. » En revanche, tous sont touchés par la marche de dimanche dernier à laquelle ils auraient pu participer. De mémoire, ils n’ont « jamais vu autant de monde en même temps dans les rues de France,  même pour La Libération ». Avant de conclure qu’il s’agit « d’un message fort, très positif même s’il ne faut pas que cette formidable mobilisation reste lettre morte ».

Si jeunesse savait, si vieillesse pouvait. A nous de continuer la mobilisation pour défendre les libertés que nos aînés ont si chèrement acquises.

(Photo de g. à d. Georges CATTIN 93 ans, Simone CATTIN 88 ans, Françoise ODIER 98 ans, Odette GALLET 88 ans, Marie-Louis CERINO 86 ans, Lucette MAUGER 87 ans et Madeleine FOURNIER 93 ans)

[Article publié dans Le Journal du Bugey n°699 – Edition du 15 au 21 janvier 2015]

 

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