L’oiseau de mauvais augure pour la ZAC du Pont-Rompu

La Communauté de communes Rives de l’Ain – Pays du Cerdon souhaite créer sur les territoires de Saint-Jean-le-Vieux et Pont-d’Ain une zone d’activité de 50 hectares. Mais lors de l’enquête publique de 2013, la FRAPNA de l’Ain (Fédération Rhône-Alpes de protection de la nature) a alerté le Commissaire enquêteur de la présence d’une espèce d’oiseau très rare dans l’Ain : l’œdicnème criard. La FRAPNA s’explique.

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Œdicnème criard visiblement inquiet du sort qui pourrait lui être réservé.

Pourquoi avoir interpellé le Commissaire enquêteur l’an dernier ?

C’est notre rôle d’étudier les projets et d’alerter en cas d’impact sur l’environnement. Pour la ZAC du Pont-Rompu, la présence de l’œdicnème criard n’a pas été prise en compte. Ni celle d’ailleurs de la libellule l’agrion de Mercure et du papillon le cuivré des marais autres espèces protégées.

Quels risques entraîneraient la création de la ZAC selon vous ?

L’œdicnème criard est très rare dans le département. Il niche à même le sol dans les plaines d’herbes sèches, ce qui le rend très vulnérable. L’urbanisation excessive et l’utilisation des pesticides qui détruisent les insectes, et donc son alimentation, ont été fatales à l’œdicnème. La chute de la population est vertigineuse.

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Œdicnème criard dans les herbes sèches, son terrain de chasse favoris

 Pourtant, par application des textes qui protègent l’œdicnème criard, une zone de compensation sera créée ?

Certes, mais rien ne garantit que les oiseaux y nicheront. Au Pont-Rompu, il vit essentiellement dans les champs de maïs mais il s’agit ici d’un habitat de substitution par disparition des espaces d’herbes sèches. Difficile de parler de substitution si d’autres champs sont trouvés. La zone du Pont-Rompu est non seulement un lieu où plusieurs couples ont été comptabilisés mais aussi un lieu de rassemblement, ce qui est rare. Ce qui monte à une quarantaine le nombre d’œdicnèmes criards.     

Que répond la FRAPNA à l’argument du développement économique ?

Le département s’est dangereusement artificialisé. Il suffit de comparer les cartes aériennes pour remarquer le recul des espaces naturels. Et la présence de zone d’activité laissée à l’abandon dans les agglomérations toutes proches d’Ambérieu et de Bourg limitent l’intérêt du projet au Pont-Rompu. Aujourd’hui, chaque village veut sa ZAC. Ce n’est pas raisonnable du point de vue écologique et même économique.

Pourtant le projet se présente comme créateur d’emploi ? 

Il est impossible de mettre l’emploi sur le même tableau que la protection de l’environnement. Sinon il faudrait également estimer le coût de la disparition d’une espèce. Ce qui est impossible. Il faut réfléchir au territoire que l’on veut léguer aux générations futures.

 

Propos recueillis auprès de MM. Maxime Flamand, chargé de mission Veille juridique et Rémi Rufer, chargé de mission Veille écologique à l’antenne de l’Ain de la FRAPNA.

[Article publié en Une dans Le Journal du Bugey n°701 – Edition du 29 janvier au 4 février 2015]

 

 

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