D’un village de l’Ain à Normal Sup

Itinéraire d’un étudiant qui a grandi à Saint-Jean-le-Vieux. Etienne Bard, 24 ans, normalien est agrégé de sciences économique et sociale depuis cet été. Il poursuit ses brillantes études à l’ENS (Ecole Normale Supérieure) de Cachan. Etienne Bard, une personne à suivre. Rencontre.

Etienne BARD

Etienne Bard se prépare pour sa nouvelle année

Des rues de Varey aux bancs de l’ENS, quel incroyable parcours.

Après mon bac en 2009 au lycée de la Plaine de l’Ain, j’ai intégré une classe préparatoire à l’Université de Dijon. J’avais des cours à Cachan, près de Paris. Cette classe prépa a été une véritablerévélation. J’ai tout de suite adhéré à l’ambiance. J’ai fait un cycle de trois années. Jamais je n’aurai pensé devenir normalien et agrégé.

Comment voyez-vous la suite de votre parcours ?

L’enseignement a toujours été ma vocation. Cette rentrée, j’intègre un Master 2 de recherche en sociologie. Après quoi j’aimerai enseigner dans un lycée et dans les classes préparatoires. Je pense également à la thèse, mais ce sera sur plusieurs années. Je m’intéresse à l’impact sociologique de la mode des régimes alimentaires. Il y a beaucoup de choses à étudier sur le sujet.

Vous qui étudiez la sociologie, ne vous êtes-vous pas senti hors statistique à l’ENS car vous venez de classe moyenne et de la campagne ?

Effectivement, dès la classe prépa à Dijon, nous étions peu d’élèves issus des classes moyennes et à venir de la campagne. C’est un constat assez triste sur l’égalité des chances aujourd’hui, même si des élèves plus modestes que moi étaient présents. La reproduction sociale est très forte. Je prends cela comme une chance et j’espère avoir un regard différent sur la sociologie. Mais je relativise mon parcours, par exemple je n’ai eu besoin de trop travailler à coté de mes études donc je ne suis pas dans la même situation que certains étudiants en galère. J’ai eu la chance de me concentrer sur mes études.

Vous restez attaché à la commune de Saint-Jean-le-Vieux ?

J’ai passé toute mon enfance à Varey, où mes parents habitent toujours. Revenir ici est très important pour moi. C’est mon village de cœur. Mes parents sont très fiers de mon parcours et j’ai le soutien de toute ma famille. Je reviens à Saint-Jean pour me ressourcer, même si malheureusement mes études m’éloignent de l’Ain.

Est-ce que vous restez attentif à la vie politique du département ?

Je suis critique depuis le changement de majorité au Conseil départemental. Je n’adhère pas à l’idée de suspicion générale pour les aides sociales. Le département a besoin de solidarité, pas d’un climat où les pauvres sont montés contre les pauvres. Surtout que la fraude du RSA, bien qu’il faille lutter contre, représente une goutte d’eau face à l’évasion fiscale par exemple.

Votre jeune parcours est déjà marqué par un engagement politique fort.

Oui, j’ai toujours eu une conscience de gauche. Enfant, j’ai participé à mes premières manifs avec mes parents. En 2010, j’ai pris la parole pour défendre mes idées et j’en garde un souvenir très fort. Depuis, je n’ai jamais arrêté de militer. C’est important de défendre mes idées sur le terrain.

Vous êtes donc prêt à faire de la politique ?

Certainement, mais pas dans l’immédiat. Je me concentre sur mes études et mon envie d’enseignement. C’est très important pour moi de défendre mes idées. J’aime beaucoup débattre et échanger. J’ai passé ma deuxième année d’étude en Angleterre et je peux constater la chance que nous ayons des services publics de qualité. Il faut les conserver. Il faut sortir du marasme ambiant. L’avenir de la France passera que par le collectif, et nous ne sommes pas un pays pourri.

[Article publié dans LE JOURNAL DU BUGEY ]

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