Amis expatriés, recensez-vous

Vous avez certainement eu droit à la visite d’un recenseur irlandais vous donnant un formulaire blanc et vert à remplir. Il s’agit du Census 2016, le recensement de la République d’Irlande et le 25 mai les recenseurs commenceront à récupérer vos formulaires remplis. Deux questions posées peuvent surprendre un résident français car impossibles en France : l’ethnie et la religion.

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La religion

La religion a toujours fait partie des recensements irlandais et est considérée comme une donnée statistique de base au même titre que le lieu de naisse, l’âge ou le sexe. Pour Central Statistic Offce – équivalent de l’INSEE en France – considère l’appartenance religieuse comme « de plus en plus importants pour la planification des écoles, la répartition des aumôneries ou encore pour les services de santé ». Connaître sa communauté religieuse n’est pas surprenant en Irlande, cette question était déjà présente lors du premier recensement de la population irlandaise en 1910, alors sous administration britannique.

L’appartenance ethnique

C’est en 2006 que la question l’origine ethnique et culturelle a été utilisée pour la première fois pour le Census. D’après le Central Statistics Office, la comptabilisation de ces données permet de mesurer les conditions sociales et de vie, l’emploi, la profession, l’éducation. Ceci répond à une demande des organismes officiels, comme The Equality Authority, chargée de mesurer l’efficacité des politiques sociales et d’intégration.

Autre particularité, la communauté des gens du voyage irlandaise, appelée Irish Travellers, est distinguée de la population sédentaire d’Irlande. Les Traverllers sont donc une comptabilisés dans une catégorie spéciale.

Les différences avec la France

En France, la loi punit de 5 ans d’emprisonnement et de 300 000€ d’amende le fait de recueillir et d’enregistrer des informations relatives aux origines ethniques ou l’appartenance religieuses des personnes interrogées. Interdiction confirmée par le Conseil constitutionnel français en 2007. Pour un français répondre à ce genre de questions est un véritable tabou, entretenu par l’héritage universaliste de la Révolution française.

Les recensements français ne peuvent distinguer la population étrangère vivant dans l’hexagone par catégories ethniques, religieuses ou mode de vie nomade.

Une obligation légale

La participation au Census 2016 est obligatoire et l’Irlande ne plaisante pas avec les contrevenants. Toute personne qui omet ou refuse de remplir leur formulaire, ou fournit de fausses informations, est passible d’une amende de 44 000€ maximum. Le Census peut être rempli uniquement sous format papier, il n’existe pas de formulaire en ligne. Le recenseur contrôle si tous les informations sont bien renseignées. Même si culturellement, un français peut être surpris de renseigner sa race ou sa religion, il devra pourtant si plier.

En 2015, l’Irlande comptait 6 500 000 d’habitants, dont 4 500 000 en République d’Irlande. Le pays accueille environ 20 000 français, bien loin derrière l’Ukraine et la Pologne avec respectivement 115 000 et 63 000 expatriés sur le sol irlandais.

Pour toutes questions sur le Census 2016 et la gestion des données que vous renseignerez, voici le lien officiel du Central Statistics Office : http://census.ie/

[Article publié dans Le Petit Journal de Dublin – Avril 2016 & Version en anglais disponible sur le site de GEAI 

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