Steve Salom : « Uber n’est plus une start-up ! »

Le 6 mars 2018, Steve Salom, directeur général d’Uber France, est venu répondre aux questions des étudiants et jeunes entrepreneurs dans le cadre de La Parole aux Etudiants. J’ai eu la chance de participer à cette rencontre. 

Nouvelle réglementation 

Depuis le  1er janvier 2018. Les VTC doivent détenir un titre professionnel pour exercer, disposition instaurée par la loi Grandguillaume. La France comptait plus de 20 000 chauffeurs en décembre mais avec l’entrée en vigueur de la nouvelle loi, Uber aurait perdu 25% de chauffeurs et le prix du trajet a mathématiquement augmenté. A noter qu’au mois de janvier, les taxis parisiens enregistraient eux une hausse de 19% du nombre de courses.

 

Steve Salom, directeur d'Uber en France, le 7 décembre 2017 sur franceinfo Source RADIO FRANCE FRANCEINFO

Steve Salom, sur le plateau de France Info en décembre 2017 (source : RadioFrance)

« Uber s’est comportée depuis trop longtemps comme une start-up. » (Le Temps, 19 novembre 2017) 

A l’instar de ses modèles californiens, leaders des GAFA – Google Amazone Facebook Apple – Steve Salom croit dans le pouvoir de son entreprise. En 2015, il affirmait dans la presse Suisse qu’« Uber, c’est la compagnie qui aura le plus d’impact dans le monde ces cinq prochaines années ». Lors de sa création en 2009 et son arrivé en France en 2011, Uber était encore un service de luxe avec une offre de chauffeurs privés. Petites bouteilles d’eau, bonbons offerts et voitures parfumées ont fait le succès des premières courses. Puis, Uber a pris le tournant du low-cost. Le nombre de courses a augmenté et les prix ont significativement baissé. L’entreprise entend jouer un rôle dans les déplacements du futur et veut sortir de son image de start-up. Parlerons-nous peut-être bientôt des GAFAU, avec le U d’Uber.

Voitures autonomes et trajets partagés

Uber investit massivement dans la voiture autonome. Une commande de 24 000 véhicules a été passée à Volvo en novembre dernier. L’entreprise rêve d’une ville où les voitures seraient collectives et les trajets partagés, avec des utilisateurs tous connectés bien sûr via l’application Uber. Une ubérisation totale des déplacements justifiée par l’argument de la baisse de la mortalité sur les routes.

Derrière cette promotion de la sécurité routière se cache une perspective économique énorme : investir le service public des transports. D’ici 20 à 30 ans, l’entreprise s’imagine tout à fait capable de répondre à des appels d’offre de transport urbain. Une utopie ? Pas vraiment. Les premiers camions sans chauffeurs Uber roulent actuellement en Arizona aux Etats-Unis a indiqué la firme cette semaine. Qui aurait pu l’imaginer il y a peine 5 ans en arrière ? Les bus Uber seront eux aussi bientôt une réalité.

Toutefois, les investissements massifs dans la mobilité du futur coûtent chers. Bien que leader mondial du VTC, Uber n’est toujours pas une entreprise rentable. L’entreprise a même du s’incliner en Chine face à son concurrent local Didi Chuxing. Aujourd’hui, un retrait de toute l’Asie du Sud-Est est même sérieusement envisagé. Mais Uber mise tout sur son avance technologique pour l’emporter, à termes, sur le terrain de l’innovation, notamment des véhicules sans conducteurs.

Dans un monde avec des robots au volant de nos voitures, quel avenir pour les dizaines de milliers de chauffeurs à travers le monde, premiers contributeurs du succès d’Uber ?

 

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