Se contenter de notre monde ou bien tenter de le changer ?

J’ai eu la chance de participer à la 18ème édition des Rencontres Economiques d’Aix-en-Provence en juillet 2017 en tant que gagnant au concours La Parole aux Etudiants. Chaque année, Le Cercle des économistes, organisateur des Rencontres, récompensent 100 étudiants pour leur réflexion sur un thème donné. En 2018, les trois jours de débats économiques à Aix-en-Provence s’articulaient autour « des métamorphoses du monde ». Voici le texte qui m’a permis de faire parti des 100 étudiants sélectionnés. 

[Lien vers la version PDF ici !]

Se contenter de notre monde ou bien tenter de le changer ? 

Qui se souvient des premiers Hommes à refuser l’usage du feu au moment de sa  découverte ? Que sont devenus ces groupes d’individus effrayés par cette nouvelle technique ? Où sont-ils passés dans le schéma de l’évolution ? Ils ont tous disparu…

L’adaptation aux changements technologiques est le propre de l’espèce humaine et les Hommes ne sont pas seulement là pour subir ces changements. Ils en sont les auteurs. Ou plus exactement ils en sont les acteurs. Nos pieds sont faits pour fouler le moindre recoin de la planète. Nos mains sont faites pour façonner, inventer et créer. Nos esprits sont capables  d’imaginer notre monde autrement que ce qu’il est aujourd’hui.

La responsabilité de l’état actuel du monde pèse donc sur chacun d’entre nous. Mais refusons de voir ceci comme le poids d’une charge impossible. C’est une véritable chance : la possibilité de prendre part au monde que l’on souhaite, d’accompagner ses métamorphoses et de les conduire dans un sens meilleur. Ce ne sont pas là des paroles utopiques. L’Homme est anthropologiquement fait pour le progrès.

Aujourd’hui le monde change à une vitesse inégalée. Quelle personne née il y a cent ans pouvait s’imaginer ce qu’en 2018 seraient sa maison, sa famille, sa rue, son travail, ses déplacements, son gouvernement et bien sûr son économie ? Plusieurs  révolutions industrielles et sociales sont passées par là. Et nous sommes toujours ici, différents, et  certains diront même améliorés.

Les premiers Hommes craignant le feu se sont sûrement brûlés, ont certainement détruit sans le vouloir des choses précieuses et ils ont pris peur. Fort heureusement, ces pyromanes involontaires n’ont pas entraîné l’abandon du feu. La transmission du savoir et surtout la confiance ont permis de maîtriser enfin ce nouvel outil.

Ainsi, si j’avais la chance de détenir les clés du monde, je souhaiterais offrir la clé de la confiance. Une personne confiante est capable de tout. D’imaginer non seulement un avenir meilleur, mais d’agir pour qu’il le soit dès aujourd’hui. D’être acteur des changements et non simple passager de son époque.

Attention, il ne s’agit pas de se bander les yeux devant les réalités tristes. Nous vivons une nouvelle extinction de masse dont nous sommes à l’origine. Des régions du monde sont prisonnières de conflits destructeurs qui les dépassent. De nouveaux murs sont bâtis là où pourtant, naturellement, les peuples fraternisent et commercent. Le partage des richesses est de plus en plus inégalitaire et le travail n’émancipe plus vraiment les individus. Notre économie, à bout de souffle, doit se réinventer.

Face à ces formidables défis, la résignation est sans doute le pire ennemi contre nous-mêmes et nous devons être déterminés à réussir. Voilà une autre clé du monde que j’aimerais partager : la détermination. Tenir bon jusqu’à ce que notre projet devienne réalité, comme le tout premier Homme qui s’est brûlé la main et qui a pourtant recommencé à allumer d’autre feu.

C’est à seulement 19 ans que Boyan Slat a imaginé un procédé innovant de barrage flottant pour nettoyer les déchets des océans. Son invention, l’Ocean Cleanup, sera mis en service cet été avec l’espoir de faire disparaître le fameux septième continent de plastique, grand comme trois fois la France. C’est à 17 ans que Malala Yousafzai reçoit le Prix Nobel de la Paix pour son refus de l’intégrisme et la volonté de changer le destin des petites filles auxquelles qui on refuse l’accès à l’éducation.

Ils auraient pu accepter de surfer parmi les bouteilles plastiques ou de ne jamais aller à l’école. Mais non ! Déterminés, ils n’ont pas attendu que quelqu’un leurs donne les clés du monde pour le changer, ils l’ont changé. Et ils y sont arrivés grâce à des soutiens venus de toute la planète. L’ampleur mondiale de ces deux destins a été rendue possible par la communication.

Les jeunes générations détiennent une nouvelle clé du monde : la connectivité.
Réseaux sociaux, partage de l’information, création de groupes d’affinités, d’entraide et de discussion, les individus sont connectés les uns aux autres. Internet est devenue une supra agora mondiale où le défi climatique, la prospérité économique, l’accès aux droits, à l’éducation et à la santé peuvent être pensés de manière globale.

La connectivité est une chance face aux défis mondiaux et surtout une chance pour partager les solutions. C’est grâce à la transmission que la maîtrise du feu n’a pas disparu. Les premiers Hommes l’ont enseignée.

Aujourd’hui nous vivons dans l’ère de la connectivité. Nous avons accès instantanément et de partout aux meilleures innovations dès leur apparition. Une aubaine pour soulager les maux de notre société et de notre économie. À alors les prémices d’une bienveillance mondiale.

Nous devons métamorphoser la mondialisation du ‘contre’ en mondialisation pour l’
‘ensemble’ ; parier sur les uns avec les autres. Atteindre une économie solidaire où les
échanges reposent sur l’entraide et où les peurs seraient vaincues par la confiance, la
détermination et la communication.

Alors, oui, nous pouvons avoir peur de l’orage, jusqu’au moment où nous réalisons que ce n’est qu’un tas de gouttes. Nous pouvons avoir peur du feu, jusqu’au moment où nous décidons de sa maîtrise.

Confiance, détermination, connectivité ! Voilà les trois clés du monde que nous
devrions tous détenir. Trois éléments clés, indispensables pour maîtriser et améliorer notre économie. Mais ces clés ne sont pas des baguettes magiques. Les choses ne s’amélioreront pas avec des sorts. Ce sont nos souhaits, individuels, suivis d’actes, collectifs, qui peuvent rendre le XXIème siècle meilleur que les précédents. Si les Hommes n’ont pas la possibilité de renaître, ils peuvent entreprendre la métamorphose du monde et transmettre ainsi un autre futur.

 

En plus de la participation aux trois jours de débats à Aix-en-Provence, La parole aux Etudiants organise des sessions de discussion en petit groupe d’étudiants. J’ai pu échanger avec Sébastien Missoffe, directeur général de Google France.

[Lien vers la version PDF ici]

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